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Les édulcorants, sucres minceur au goût amer ?

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Bonbon

Le goût sucré sans les calories… Telle est la promesse des édulcorants qui, depuis la fin des années 80, n’ont cessé de remplacer progressivement tout ou partie du sucre traditionnel dans nombre d’aliments.

Parallèlement, de nombreuses controverses ont vu le jour quant à leur intérêt sur le maintien du poids et leur toxicité (cancers, sclérose en plaque, épilepsie…). Alors y’a-t-il réellement de quoi leur casser du sucre sur le dos ? Nous menons l’enquête…

Le goût sucré sans les calories…

CaramelPar définition, un édulcorant est une substance caractérisée par un goût sucré. Ainsi, le sucre, le miel ou encore le sirop d’érable sont autant d’édulcorants naturels.

Aujourd’hui, le terme d’édulcorant renvoie principalement aux molécules conférant un goût sucré mais dont l’apport calorique est faible voire nul.

 

On distingue généralement :

  • les édulcorants intenses (aspartame, acéculfame K, sucralose…) qui ont un très fort pouvoir sucrant (de l’ordre de 100 à 600 par rapport au sucre dont le pouvoir sucrant est de 1) mais qui apportent 0Kcal à l’organisme (le sucre apporte 4Kcal/g à l’organisme). Le plus connu est sans doute l’aspartame qui entre dans la composition de nombreux produits et que l’on trouve également sous forme de « sucrettes », 1 sucrette équivalant à un sucre ;
  • les édulcorants de charge (sorbitol, mannitol, xylitol…) qui ont un pouvoir sucrant voisin de celui du sucre (entre 0,5 et 1,4) et qui apportent pour leur part quelques calories (2,4Kcal/g). On les retrouve principalement dans les bonbons et chewing-gums étiquetés « sans sucre ».

 

Des atouts parfois discutables

Sucre en morceauxN’apportant que très peu voire pas de calories du tout, non cariogènes (ils ne provoquent pas de caries), les édulcorants permettent de se faire plaisir lorsque l’on souhaite faire attention à sa ligne. Attention toutefois à ne pas tomber dans le piège du surenchérissement …

En effet, notre cerveau ne fait pas la différence entre le goût sucré « naturel » et le goût sucré « artificiel » ; vous mettiez un sucre dans votre café, mettez-y une sucrette et non pas 3 sous prétexte qu’elles sont sans calorie, sinon vous risquez d’habituer votre cerveau à vous demander en toute occasion des produits au goût très sucré.

De plus, comme le cerveau ne sait pas si l’information « goût sucré » qu’il reçoit provient d’un produit sucré ou d’un produit édulcoré, il croit par défaut (milliers d’années d’évolution oblige) que l’organisme reçoit du « vrai sucre » et qu’il va donc pouvoir en tirer de l’énergie. Il s’y prépare donc en libérant dans le sang de l’insuline, cette hormone qui dirige le glucose du sang vers les cellules et maintient ainsi à 1g/L le taux de glucose sanguin. Or, s’il s’agit d’édulcorant, le glucose tant attendu n’arrive pas dans le tube digestif, et donc il n’y a pas de glucose libéré dans le sang. La présence en excès de l’insuline va alors entrainer une diminution du taux de glucose sanguin (<1g/L).

L’organisme se trouve donc alors en manque de glucose (hypoglycémie) et réclame le sucre qu’il attend… C’est pour cela que deux heures environ après la prise isolée d’un aliment édulcoré (boisson light par exemple) on a envie de « craquer » pour un produit bien sucré… L’astuce : éviter de consommer les produits édulcorés isolement, ainsi le cerveau recevra bien le message sucre et en trouvera dans le contenu total du repas ou de la collation.

Edulcorants et pathologies

Bonbons colorésDepuis leur apparition sur le marché, les édulcorants et notamment l’aspartame ont donné lieu à de nombreuses controverses au sujet de leur toxicité. On a ainsi accusé l’aspartame d’être à l’origine de pathologies telles que sclérose en plaque, troubles neurologiques ou tumeurs du cerveau avec des parutions scientifiques régulières tantôt accablantes, tantôt rassurantes.


En 2002, dans son rapport sur la « question d’un éventuel lien entre exposition à l’aspartame et tumeurs du cerveau », l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) conclue que « l’état actuel des données scientifiques ne permet pas d’établir une relation entre exposition à l’aspartame et tumeurs du cerveau chez l’homme ou l’animal » et que « l’analyse de la littérature met en évidence l’absence d’arguments pour établir un lien de causalité entre aspartame et crises d’épilepsie ou anomalies de l’électroencéphalogramme chez l’homme.»

 

 

Sources

AFSSA, Rapport de l’Agence française de Sécurité Sanitaire des Aliments sur la question d’un éventuel lien entre exposition à l’aspartame et tumeurs du cerveau. (2002) http://www.afssa.fr/Documents/AAAT-Ra-aspartame.pdf

Butchko, H.H., Stargel, W.W., Comer, C.P., Mayhew, D.A., Benninger, C., Blackburn, G.L., de Sonneville, L.M., (...), Trefz, F.K. Aspartame: review of safety. (2002) Regulatory Toxicology and Pharmacology, 35 (2 Pt 2), pp. S1-93.

Guzmán, D.L. Safety of aspartame in human nutrition. (2007) Informe Medico 9 (1), pp. 29-34

de la Hunty, A., Gibson, S., Ashwell, M. A review of the effectiveness of aspartame in helping with weight control. (2006) Nutrition Bulletin, 31 (2), pp. 115-128.

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